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Archive pour la catégorie ‘Nimporte nawak’

Où est Céline?

Dans Nimporte nawak le août 13, 2009 à 2:02

J’ai perdu ma coloc. Céline, une belle gosse de 22 ans, premier voyage, je prends soin d’elle ici à Skopje. Non, je rigole, elle se promène par ci par là depuis son arrivée, il y a deux semaines, mais depuis dimanche, je ne l’ai pas vue, me demande où elle est. Notre autre coloc, Benjamin, l’autre coloc, la cherche aussi. Il m’a dit qu’elle avait en tete d’aller à Prilep (au Sud de Skopje).J’ai des invités à la maison, du coup, j’avais pas fait attention qu’elle n’avait pas dormi à la maison… Pas de réponse au téléphone. Le pote par qui je la connais m’a dit : c’est son premier voyage un peu long, prends soin d’elle ! Alors j’ai tout de même une responsabilité, hein… Cet après-midi, sur la terrasse d’un restaurant, à Pantelejmon. Une très jolie église avec de belles fresques que nous sommes allés voir avec mes hôtes, Marc et Jeannette. Jeannette était la prof de Gaid, et la mienne aussi, lorsque nous étions en cours en Hollande. Ils m’ont envoyé un mail vendredi, sont à la maison depuis samedi, sont repartis cet après-midi. De cette église. Je souhaitais rester un peu au frais, vu que Skopje est une fournaise. Me suis posée sur la terrasse d’un restaurant de laquelle je vois Skopje au loin, et juste en dessous de la terrasse, des chèvres. Un petit verre d’eau pétillante avec une rondelle de citron, pour étancher la soif. J’écris à Gaid. Et passe des coups de fils. Parce que J’ai perdu ma coloc. Céline. Car ça fait 48h qu’on essaie de la joindre, qu’on sait pas trop où elle est. Elle se promène par ci par là depuis son arrivée, il y a deux semaines, mais depuis dimanche, je ne l’ai pas vue, me demande où elle est. Le pote par qui je la connais m’a dit : c’est son premier voyage un peu long, prends soin d’elle ! Alors j’ai tout de même une responsabilité, hein… Je suis tout de même inquiète, elle ne dors pas à la maison depuis deux nuits, je ne savais pas qu’elle avait quitté Skopje ces jours-ci. Comme il y a du monde à la maison, j’avais pas fait attention qu’elle n’avait pas dormi à la maison. C’est l’autre coloc, Benjamin, qui m’a demandé où elle était, et m’a ensuite informée qu’elle devait aller à Prilep (au Sud de Skopje). Elle ne réponds pas au téléphone, ou raccroche, je commence à m’inquiéter. Bref. Je passe un coup de fil à Kate, lui explique, elle est en contact avec elle en général. Elle me dit qu’elle était à Prilep avec un certain Boris, dont elle n’a pas le numéro, qu’elle a aussi entendu qu’elle voulait partir à Belgrade. Le Boris ceci dit serait rentré à Skopje, du coup on ne sait pas avec qui elle est. Elle aurait envoyé un message à une autre fille hier, donc elle est en vie… Bref. Je raccroche. Un client de la table en face de moi se tourne, et dit : « Where is Céline ? » Ils ont écouté ma conversation téléphonique et s’inquiètent pour Céline. Je réponds que je ne sais pas. Je suis un peu surprise qu’ils aient écouté, mais en même temps, la situation est surtout drôle. « Mais ce n’est pas drôle… je ne sais vraiment pas où elle est, alors que j’habite avec elle. » Cela dit, on se met à rire. Je leur explique que « Où est Céline ? », ça me fait penser au livre de « Où est Charlie ? », où dans des touts petits dessins très détaillés, il faut chercher un personnage, caché, qui s’appelle Charlie. Un livre pour les enfants. Mais je l’aime bien… Un autre mec de la table me demande : « Tu vis ici ? Pourquoi tu parles macédonien ? » Je dis que je vis ici et que je suis française. Conversation interrompue, le téléphone sonne. Kate a trouvé Céline. Elle est à Treskavec avec le Boris, a oublié le code de son téléphone. Donc on sait qu’elle va bien. Treskavec c’est un monastère en montagne à cote de Prilep. Donc peut-être que ça captait pas, aussi. Bref, je ris, donc tout va bien, je dis que c’est bien mais je donne juste des réponses courtes à Kate, car je suis écoutée, je le sais maintenant… Je me remets à écrire. Deux minutes après, le même mec se retourne. Il demande : Did you find Céline ? L’as-tu retrouvée? Je ris. « Oui, je l’ai retrouvée. Elle est à Treskavec, et a oublié son code Pin de téléphone… » On a commencé à causer, ils vivent tous à Prague, l’un est français (alors qu’on début on se parlait en anglais.) Il est de Marseille, sans l’accent. Sa copine est de Macédoine, le troisième, c’est son frère. Ce sont eux qui me ramènent en ville, me déposent devant chez moi…on a eu le temps de raconter une série de conneries… Ils passent le bonjour à Céline.

“Prends mon bébé”

Dans Nimporte nawak le août 12, 2009 à 10:04

Mariann, mon amie allemande, a passé trois semaines à habiter chez des Rroms de Rankovce, à l’Est de la Macédoine, pour un projet qui a été annulé, puis a passé du temps à Sutka, la municipalité rrom de Skopje, où elle a dormi chez diverses personnes… Peut-être dix maisons différentes, passant de places en place.

il y a quelques jours elle a débarqué à la maison, frappé à la porte, elle n’avait pas de téléphone pour me dire qu’elle arrivait…

Elle me raconte mille et une anecdotes,

J’en ai retenu deux.

« Dans cette famille ils ne mangent que du chocolat, de la glace, toute la journée. Quand je suis allée là-bas, le matin ils mangeaient du chocolat, de la glace le midi et du gâteau ensuite !

J’ai cuisiné pour eux, des légumes, de la sauce avec de l’ail, avec des herbes. Mais ils ne l’ont pas mangé parce qu’avec autant de sucre, ils n’avaient pas faim !

Mais c’est fou ils perdent leurs dents alors qu’ils ont pas d’argent pour aller chez le docteur…

Les enfants ont les dents noires, toutes les dents noires. Trop de bonbons.

Ils disent que c’est pas grave parce que ce sont les dents de lait. Mariann dit qu’ils doivent se laver les dents. Mais ils n’ont pas de brosse à dents, les voisins les ont volé du coup ils ne peuvent pas se les brosser…

« J’étais devant la maison de mes hôtes, et les enfants des voisins et ceux de mes hôtes étaient autour de moi. Ils m’ont apporté un bébé. Les parents n’ont pas peur de confier leurs bébés à leur enfant de 5 ans. Ils me l’ont mis dans mes bras, et je m’en suis occupée un peu.

Au bout d’une demi-heure, le bébé commençait à ne pas être bien, donc j’ai commencé à chercher une tétine pour qu’il soit rassuré. Donc les enfants m’ont amenée devant la maman, qui m’a donné une tétine. Et là c’est allé très vite. Elle a vu comment je m’en occupais et a trouvé que je m’en sortais très bien.

Gulistan, une enfant de 11 ans, parle un peu allemand. Elle m’a traduit ce que m’a dit la maman au bout de 30 secondes : « As-tu des enfants en Allemagne ?»

J’ai répondu que non, du coup, elle a enchaîné : « Si tu veux, prends le. », En allemand : « Wenn du willst, kannst du es haben. »

« Elle a déjà six enfants, je crois qu’elle n’en veut pas plus…J’ai eu l’impression que cela n’était pas un problème pour elle de me donner son enfant…je me suis sentie mal, pour cela. »

Retour…

Dans Nimporte nawak le mars 9, 2009 à 10:22

Plis des draps /par Olomio mon frere

Apres la convalescence d’octobre-novembre, le séminaire de volontaires a Sarajevo, les virées a Ohrid (Macédoine), au Kosovo et a Sofia, le déménagement, l’arrêt des cours de macédonien (mais j’apprends différemment, et ca marche), le départ de mon collègue préféré, la recherche de colocs, le trouvage de coloc (qui se barre cette semaine) le retour en France, les retrouvailles, la nouvelle année, le voyage retour, la formation radio, les virées, les articles, les trucs et les bidules. Le yoga, le théâtre, la radio.

Je traine et re-traine, depuis quelques temps, a me dire que je vais reprendre a griffonner, parce que ca me manque de laisser une trace de ces anecdotes, ne serait-ce que pour m’en souvenir, et de le partager. Mon corps est courbaturisé par une session de yoga un peu intense pour une paresseuse comme moi. Ou alors ce sont les escaliers des nombreux étages a monter a pieds qui m’ont achevée avant même de commencer le yoga. Une vieille dame était coincée dans l’ascenseur, je lui ai parle par la fenêtre de l’ascenseur, elle avait juste la tête a la hauteur du sol, a moitie disparue a l’étage d’en dessous. Sa tête m’indiquait d’aller chercher le « président de l’ascenseur » qui habite, en toute logique, au dernier…au seizième…! Je ne me suis rendue compte qu’au 9e qu’il y avait deux autres ascenseurs qui fonctionnent dans le bâtiment. Oufff.

Vole, vole…

Dans Nimporte nawak le octobre 6, 2008 à 11:38

Une histoire parfaite pour être racontée mais pas aussi chouette dans les faits. Samedi après-m, soleil, bonheur. Après la réparation du vélo, je file au cinéma. Je ne suis revenue que quelques heures plus tard… avec Sakina, qui est de passage à Skojpe. Le temps avait viré à la tempête. Après la suite et fin du festival de cinéma de Skopje, nous sommes rentrées toutes trempées. Marcher sur un trottoir après une pluie diluvienne est une aventure de choix, dont l’issue est toujours la même : une douche, visqueuse aux relents de pots d’échappement. Les voitures roulaient dans d’énormes flaques d’eau et flllloush, nous étions trempées mouillées. Nous avons contourné une rue dont nous ne voyions plus le sol, mais juste une mare interminable.

Mais ça, c’est rien.

La surprise arrive juste après.

C’est chouette d’être arrivées, on va pouvoir se sécher, se réchauffer. Mais j’ai soudainement un flash. J’avais mis mon linge à sécher sur le balcon. Le vent. La tempête. Merde. Le sèche-linge est fixé au dessus du vide. J’espère que rien n’est tombé.

Vite, on monte pour aller vérifier. Les habits ne sont plus là. Deux tee-shirts sont rescapés sous le sèche-linge, rattrapés par des clous. Nous allons voir directement dans la rue. Quedale. Cinq mètres plus loin, je retrouve un autre tee-shirt esseulé. Le reste a disparu.

Vous auriez pensé vous, rentrer chez vous un jour, et voir que vos fringues se sont taillées en vacances, dans le vent, dans la tempête ? Votre pantalon préféré ? Vos tee-shirts ? Je suis surprise et dégoûtée : je m’en veux de ne pas avoir fait attention, mais comment prévoir le déluge qu’il y a eu ? Le pire c’est d’ensuite découvrir une grande boite de pinces à linge à laquelle je n’ai pas touché…le ciel était bleu quand j’ai quitté la maison… !

Mais ce matin, nous avons des preuves. Nous sommes allées voir les voisins, pour savoir s’ils avaient eu des habits qui auraient atterri sur le balcon, au détour d’un coup de vent. Sakina prépare le vocabulaire : vent, tomber, habits. La première vieille à qui on parle se met à nous causer en français. Elle s’en contrefout de mon histoire, elle dit, « ça, je comprends pas, mais par contre, ce soir, krst, krst, tu peux sonner chez moi. » Bienvenue en Macédoine…c’est tellement surprenant que cette dame rigolotte de plus de 60 ans se mettre à nous parler un français pas mal du tout et que deux minutes après, elle m’invite chez elle…

On arrive à l’épicerie en bas de chez moi. On ne sait jamais, s’ils ont retrouvé mes affaires. Sur le chemin, je retrouve un autre tee-shirt à moi, mouillé et recroquevillé contre l’immeuble. On ne l’avait pas vu hier soir. On entre dans l’épicerie. Comme on peut, on explique que mes fringues se sont envolées, que je les retrouve pas, on essaie de voir si ça leur dit quelque chose. D’après la dame, c’est trop tard, des gens sont partis avec. C’est ce que je pense aussi, il y a souvent des gens qui font les poubelles en bas de chez moi, donc des fringues qui sentent la lessive, ça peut intéresser…

L’épicière, et son fils -qui dit n’importe quoi tellement il est bourré- nous explique dans la foulée que cette nuit il y a eu un cambriolage, les voleurs ont emporté la caisse (20 000 denars, 300 euros) et tout l’alcool. On peut le constater, une seule étagère du magasin a été vidée, le reste semble intact. Donc je repars bredouille. Pas de fringues. Mais autant se consoler, il y a eu pire, le cambriolage de l’épicerie. J’imagine les voleurs, dans la tempête, avec de l’alcool dans un sac et mes pantalons mouillés dans l’autre ? Il s’en est passé de belles, en bas de chez moi, hier soir. On se croirait dans un film. Qui se passerait forcément dans les Balkans.

NB : Viktoria a vu mes habits. Viktoria c’est ma vieille voisine du dessous. Elle a vu mes habits, un Tee-shirt rouge, des pantalons, etc. T’aurais pas pu aller les chercher, Viktoria ? Vraiment, t’as merdé, Viktoria. Heureusement que tu me dis que tu les ramasseras la prochaine fois…

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