skopjote

Une interview

Dans 2011, Uncategorized le novembre 21, 2011 à 9:43

Une heure de trajet, taxi sauvage avec quatre vieux et me voilà à la tekke de Tetovo.
J’avais une interview avec Baba mundi aujourd’hui, l’équivalent du “pape” pour les derviches bektashis, une branche mystique de l’Islam. Il est arrivé dans sa grande soutane blanche, je l’ai salué, nous nous sommes installés sur les canapés de la tekke, la salle oùils reçoivent.
La personne qui m’avait organisé la rencontre n’était pas là, je venais de lui parler au téléphone. j’ai du coup tenté de combler le laps de temps avant qu’il n’arrive. Je viens de commencer l’albanais plus sérieusement, je sais saluer quelqu’un, j’ai expliqué à Baba mundi quel était mon travail. Au bout de quelques minutes j’ai compris que cet autre bektashi, qui parle aussi macédonien, n’allait peut-être pas arriver. Pas cool, vu qu’il sait que je ne parle pas albanais. Mais la situation est là, ça tourne, tu y es, tu dois enchaîner -je sais aussi qu’il a peu de temps devant lui…j’ai donc expérimenté mon albanais en mode “forcé”. J’étais venue pour une interview, alors j’ai commencé – j’ai posé une question très simple et j’ai serré les dents pour me concentrer sur sa réponse. J’ai précisé “je parle très peu l’albanais”, la seule phrase que je maîtrise pleinement. Il a tout de même répondu à ma question. Il parlait doucement, dans sa barbe grisonnante, avec son chapeau de Bektashi sur la tête, en laine blanche avec un contour vert et un pin’s doré de bektashi. Il m’a offert quelques tranches de kaqui, qu’une dame venait de déposer sur la table. Avec un café pour lui. Il a répondu deux fois au téléphone, j’ai eu droit à un café. Deuxième question. Je lui demande combien de bektashis dans le monde, en Macédoine. Malheureusement je ne sais compter que jusqu’à douze. L’enregistreur est mon allié, on me traduira plus tard. Je suis dans un échange “à l’aveugle”. Il a fini avec les chiffres, là je ne sais absolument pas de quoi il parle. Ma question suivante me trahit, il revient à la réalité, se souvient que je comprends…si peu. Pour ne pas dire, rien. Second moment de flottemment.
A ma droite, s’installe une femme aux cheveux décolorés. Bektashe et macédonophone, elle vient me tirer de l’embarras. Suzana, traductrice improvisée.

  1. Ah, te revoila sur le blog! Super!

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