Après une journée caniculaire à SKopje, nous sommes sorties avec une amie dans le parc voisin, au bord des rives du Vardar, le fleuve d’ici. C’est le lieu où tout le monde vient prendre le frais une fois la nuit tombée, après une journée de canicule (38 degrés). Les gens vont et viennent il y a une rive de 25 mètres avec deux bonnes pistes cyclables. Nous sommes posées au bord du fleuve avec mon amie, un bouteille de vin blanc et un chien vient nous rejoindre.
Un peu foufou ce chien, jeune, et avec une espèce de crête sur l’échine, poil très dru. On l’appelle Mohi, de mohican.
Des dizaines de personnes passent, des couples, des gens en vélo, en rollers, des coureurs, se croisent, parallèlement au fleuve. Les eaux du Vardar défilent vite et les lumières de la forterresse se reflètent sur l’eau, dans les tons orangés. Très agréable après les températures subsahariennes d’aujourd’hui.
Parmi tous ces passants, un gros bonhomme se dirige droit vers le fleuve à quelques mètres de nous. De son gros bras potelé, il porte un vélo. Sous nos yeux, il le jette à l’eau. On l’entend se fracasser contre le rebord en pente qui donne sur l’eau. L’homme se retourne, et repart rejoindre son ami sans se retourner.
Gordana et moi nous nous regardons : qui est cet homme? Il retrouve son pote, et comme si de rien n’était, et continuent leur route.
J’avoue que je suis perplexe. Si son vélo est cassé, qu’il le répare, où qu’il le file à quelqu’un, mais pourquoi l’avoir jété dans le fleuve ? Il n’y a pas eu de bagarre non plus…rien compris. Au final, cela nous fait rire. On parlait justement du futur vélo de Gordana.
En attendant, on décide de ne pas laisser ce vélo se noyer – il roulait lorsque l’homme déterminé l’a apporté jusqu’à la rive. Nous attendons qu’ils s’éloigne – j’aperçois encore la roue du vélo. Nous partons pour une opération de sauvegarde. Les rives sont empierrées, mais plus bas, il y a de la vase, un peu, et des roseaux. Mmmh, je me lance les pieds dans la vase du rebord de pierre de la rive. Mohi le chien m’accompagne, je ne l’ai pourtant pas appelé. Impressionant, vu la vitesse des eaux, mais le vélo n a pas été jeté bien loin, je le remonte facilement. La trouvaille inattendue du jour.
Comme ‘j’habite à 5 mn à pieds de là, nous le ramenons et l’attachons avec mon vélo. Le projet est de le réparer (le pneu arrière et la chambre à air son déchirés. C’est un vélo de ville un peu vieux, mais solide, et en super bon état. Il servira sans doute à quelqu’un !
Nous ne saurons jamais le fin du fin.
D’ailleurs, c’est le second vélo que je vois dans un lieu inattendu aujourd’hui.
J’en ai vu un autre aujourd’hui, dans la salle d’exposition du musée…mais c’est déjà une autre histoire…
(et j’ai regardé au lever aujourd’hui les Glaneurs et la Glaneuse d’Agnès Varda – cela faisait 4 ans que je voulais le voir ! Jeme couche sur la même thématique, glâner…)
(Photos later, de river bike)
Bravo a la sauveuse des velos et de la planete! Etrange, ton histoire, je vois personne au Chili faire une chose pareille et ce n est pas car les gens protegent ici leur rivieres (pas du tout!), mais parce qu on apprecie tout ce qui peut avoir de valeur pour s en servir ou le vendre. Les gens sont trop pauvres pour pouvoir se permettre ca! J ai pense pourtant que la Macedoine est aussi pauvre que le Chili…