Une heure de trajet, taxi sauvage avec quatre vieux et me voilà à la tekke de Tetovo.
J’avais une interview avec Baba mundi aujourd’hui, l’équivalent du “pape” pour les derviches bektashis, une branche mystique de l’Islam. Il est arrivé dans sa grande soutane blanche, je l’ai salué, nous nous sommes installés sur les canapés de la tekke, la salle oùils reçoivent.
La personne qui m’avait organisé la rencontre n’était pas là, je venais de lui parler au téléphone. j’ai du coup tenté de combler le laps de temps avant qu’il n’arrive. Je viens de commencer l’albanais plus sérieusement, je sais saluer quelqu’un, j’ai expliqué à Baba mundi quel était mon travail. Au bout de quelques minutes j’ai compris que cet autre bektashi, qui parle aussi macédonien, n’allait peut-être pas arriver. Pas cool, vu qu’il sait que je ne parle pas albanais. Mais la situation est là, ça tourne, tu y es, tu dois enchaîner -je sais aussi qu’il a peu de temps devant lui…j’ai donc expérimenté mon albanais en mode “forcé”. J’étais venue pour une interview, alors j’ai commencé – j’ai posé une question très simple et j’ai serré les dents pour me concentrer sur sa réponse. J’ai précisé “je parle très peu l’albanais”, la seule phrase que je maîtrise pleinement. Il a tout de même répondu à ma question. Il parlait doucement, dans sa barbe grisonnante, avec son chapeau de Bektashi sur la tête, en laine blanche avec un contour vert et un pin’s doré de bektashi. Il m’a offert quelques tranches de kaqui, qu’une dame venait de déposer sur la table. Avec un café pour lui. Il a répondu deux fois au téléphone, j’ai eu droit à un café. Deuxième question. Je lui demande combien de bektashis dans le monde, en Macédoine. Malheureusement je ne sais compter que jusqu’à douze. L’enregistreur est mon allié, on me traduira plus tard. Je suis dans un échange “à l’aveugle”. Il a fini avec les chiffres, là je ne sais absolument pas de quoi il parle. Ma question suivante me trahit, il revient à la réalité, se souvient que je comprends…si peu. Pour ne pas dire, rien. Second moment de flottemment.
A ma droite, s’installe une femme aux cheveux décolorés. Bektashe et macédonophone, elle vient me tirer de l’embarras. Suzana, traductrice improvisée.
Archive pour 2011|Page d'archive annuelle
Une interview
Dans 2011, Uncategorized le novembre 21, 2011 à 9:43écrits du jeudi matin
Dans Uncategorized le juillet 14, 2011 à 1:49écrits du jeudi matin
si tout est moyen
si la vie est un film de rien
ce passage là était vraiment bien
ce passage là était bien
j’avais cette chanson dans la tête tout la soirée
en mode automatique
et repeat
ce n’est qu’à la fin
que j’ai vraiment écouté les paroles
qui se répétaient dans ma tête
et que je me suis dit que j’étais d’accord
J’en ai fait un film de rien – à voir si dessous
je me suis sentie…inspirée…et pas insipirée (faute de frappe qui me fait me dire que je suis d’accord aussi.
Avec ce mot nouveau)
Et je suis repartie
un air lassée de Reine alanguie
Sur la (digue) un petit point parti
(pas la digue mais le trottoir
Point parti mais aussi point fuyant – ligne de fuite
Dans (l’Audi) de son mari
oh, son mari
Pas d’Audi
Pas de mari
pas de baiser
Comme ça c’est réglé.
{ ça a commencé de manière reloue, sans photos.
Je suis arrivée à une expo trop tard,
tout le monde était parti
J’ai vu l’expo mais le garde du musée, qui me connaît
m’a dit gentiment “tu arrives toujours un peu tard” (ça ne surprendra personne)
et sans commentaire
Il m’a mise dehors
Pour la deuxième fois. }
{ à la sortie j’ai aperçu celui qui m’avait dit de venir
avant qu’il me voie des gens que je connais de vue m’ont saluée
on a commencé à marcher dans la même direction
j’ai vu Filip qui a dit, tu viens avec nous?
J’ai dit OK.
Et deux personnes parlaient français.}
{Une fois au bar
après avoir causé avec un mec au Tee-shirt qu’il s’est autotagué
inspiré par les couleurs des églises orthodoxes locales
mais avec des dessins moins dévôts
j’ai causé avec le frisé qui parlait français}
{ je me suis rendue compte qu’il était
l’ancien amabssadeur de Macédoine en France
Je lui ai dit qu’ils savaient pas faire les visas
Il a dit qu’ils étaient incompétents
Les gens}
{ on a bien rigolé et il est parti
d’un coup pendant je-n’ai pas compté le temps
j’étais en train de regarder la vidéo de Day Dream de Buster Keaton de 1922, silencieux
seule – au milieu des gens, à day dreamer
et puis il est revenu. Il m’a présenté à ses amis. A une fille et un mec, Milcho.}
{ j’ai commencé à dire des conneries,
quand l’ex-ambassadeur aux cheveux en bataille a dit qu’il allait lentement dégager
je lui ai demandé comment dégages-tu lentement
on a parlé de mots et je me suis rendue compte que Milcho est
Manchevski, le réalisateur de films le plus connu de Macédoine
le seul connu}
{ le plus connu parce qu’un jour
je parlais à un brésilien de Lisbonne
lui disant où j’errais
et il a dit, ah, la Macédoine, je sais
j’ai vu ce film “AVant la pluie”
et je ne le croyais pas
Car c’était le premier lointain si informé}
{ alors on a trouvé que c’était une bonne raison pour rigoler une autre fois
j’ai demandé discret à l’ex-ambassadeur si c’était pas chiant pour le filmeur
qu’on lui parle de films
des siens
et j’ai dit au filmeur que dans son film numéro 3 c’est un gros macho}
{Je l’ai pas dit comme ça
mais ça voulais dire
exactement
la même chose}
{ mais je parlais doucement
et il parlait aussi doucement
alors ça passait}
{après j’ai parlé avec Nikola
un oeil par ci un oeil par là
il parle finnois
brésilien et je ne sais quoi
qui font beaucoup en tout}
{ il m’a dit qu’il travaillait
sur les lettres du père Noël
j’étais passionnée
sur les désirs des enfants
les tendances les mouvances
en fonction de leur provenance
je lui ai parlé de lettres
et puis, les toilettes}
{là une jeune fille se coiffait
et moi je glandias
alors que j’avais une envie pressante
quand soudain Milcho est arrivé
je l’ai pas laissé passer
et une fois osrtie des WC je lui ai dit ” hej, Milcho-
je prendrai bien ton contact
qui sait on se reverra, et ton film et voilà, et moi jfais ci-j’fais ça
en deux mots}
{il a dit “secund” (segonde)
il est allé pisser
je l’avais maltraité
il est revenu
et m’a filé son mail
sur Gmail}
{bon ça commence à bien faire
d’écrire autant
je suis fatiguée
mais je ne profite jamais
d’écrire quand je suis inspirée
alors cette fois
je veux pas laisser passer
l’envie de tapoter
comme si le laisser-aller c’était bien
mais que pas pour l’instant}
{enfin bref je me suis cassée
la chanson d’ALain Souchon avait recommencé
dans ma tête
à mon vélo, j’ai vu une photo
en dessus de moi
j’ai commencé à m’attarder,
à cadrer, cadrer
que des photos en B, manuel}
{et Esat est arrivé
normallement mon programme était terminé
mais il se passait toujours des choses
très direct Esat
je le prends en photo il me dit tu voles le vélo
et me dit que t’as une belle jupe
j’ai continué à tout photographier autour de moi
on a bien discuté
j’ai essayé
de lui parler albanais
il a bien rigolé}
{ c’était beau de voir que rien de prévu provoque les choses
les rencontres ont continué après tout cela j’ai même croisé un photographe que je ne fais que croiser, jamais téléphoner, on a jamais échangé nos numéros
mais il m’a un jour prise en photo puis j’ai découvert qu’il avait même exposé
à l’insu de mon plein gré, comme la plupart des autres portraits}
Je l’avait fait chier
un jour je l’avais recroisé
invité à passer chez moi à une fête
il était venu et avait apporté la photo en question
que j’ai emmené jusqu’à la maison
de ma maman et de mon papa
J’arrête là.
parce que j’ai encore croisé un gars
qui m’a proposé de visiter le bâtiment en construction qu’il surveille
il a étudié la photo et dis, c’est intéressant
j’ai jugé convenant
de ne pas accepter.
Je repars
un air léger de reine alanguie.
Oui, Alanguie
Merci
Alain Souchon
et les photos ont commencé
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Il s’appelait River Bike
Dans 2011 le juillet 10, 2011 à 10:07Après une journée caniculaire à SKopje, nous sommes sorties avec une amie dans le parc voisin, au bord des rives du Vardar, le fleuve d’ici. C’est le lieu où tout le monde vient prendre le frais une fois la nuit tombée, après une journée de canicule (38 degrés). Les gens vont et viennent il y a une rive de 25 mètres avec deux bonnes pistes cyclables. Nous sommes posées au bord du fleuve avec mon amie, un bouteille de vin blanc et un chien vient nous rejoindre.
Un peu foufou ce chien, jeune, et avec une espèce de crête sur l’échine, poil très dru. On l’appelle Mohi, de mohican.
Des dizaines de personnes passent, des couples, des gens en vélo, en rollers, des coureurs, se croisent, parallèlement au fleuve. Les eaux du Vardar défilent vite et les lumières de la forterresse se reflètent sur l’eau, dans les tons orangés. Très agréable après les températures subsahariennes d’aujourd’hui.
Parmi tous ces passants, un gros bonhomme se dirige droit vers le fleuve à quelques mètres de nous. De son gros bras potelé, il porte un vélo. Sous nos yeux, il le jette à l’eau. On l’entend se fracasser contre le rebord en pente qui donne sur l’eau. L’homme se retourne, et repart rejoindre son ami sans se retourner.
Gordana et moi nous nous regardons : qui est cet homme? Il retrouve son pote, et comme si de rien n’était, et continuent leur route.
J’avoue que je suis perplexe. Si son vélo est cassé, qu’il le répare, où qu’il le file à quelqu’un, mais pourquoi l’avoir jété dans le fleuve ? Il n’y a pas eu de bagarre non plus…rien compris. Au final, cela nous fait rire. On parlait justement du futur vélo de Gordana.
En attendant, on décide de ne pas laisser ce vélo se noyer – il roulait lorsque l’homme déterminé l’a apporté jusqu’à la rive. Nous attendons qu’ils s’éloigne – j’aperçois encore la roue du vélo. Nous partons pour une opération de sauvegarde. Les rives sont empierrées, mais plus bas, il y a de la vase, un peu, et des roseaux. Mmmh, je me lance les pieds dans la vase du rebord de pierre de la rive. Mohi le chien m’accompagne, je ne l’ai pourtant pas appelé. Impressionant, vu la vitesse des eaux, mais le vélo n a pas été jeté bien loin, je le remonte facilement. La trouvaille inattendue du jour.
Comme ‘j’habite à 5 mn à pieds de là, nous le ramenons et l’attachons avec mon vélo. Le projet est de le réparer (le pneu arrière et la chambre à air son déchirés. C’est un vélo de ville un peu vieux, mais solide, et en super bon état. Il servira sans doute à quelqu’un !
Nous ne saurons jamais le fin du fin.
D’ailleurs, c’est le second vélo que je vois dans un lieu inattendu aujourd’hui.
J’en ai vu un autre aujourd’hui, dans la salle d’exposition du musée…mais c’est déjà une autre histoire…
(et j’ai regardé au lever aujourd’hui les Glaneurs et la Glaneuse d’Agnès Varda – cela faisait 4 ans que je voulais le voir ! Jeme couche sur la même thématique, glâner…)
(Photos later, de river bike)
Coup de vent aux cheveux blancs
Dans 2011 le février 11, 2011 à 2:44Elle est sur le départ.
Elle vient de cuisiner des épinards avec du riz. Elle me raconte tous les détails du processus, sa recette, lors de mes courts passages dans l’étroite cuisine. Je petit-déjeune devant la télévision, un fait rare. Elle prend à cœur la cuisine…à tel point qu’elle m’appelle.
Elle braille souvent dans le téléphone (euphémisme : parle extrêmement fort), du coup je n’imagine pas tout de suite qu’elle m’appelle. Mais c’est bien ça : en français, elle me dit, vienne, vienne, BéatRice* (oui, ma coloc a habité en France, un an), uniquement pour me montrer le moment où elle verse le riz dans la casserole d’épinards revenus avec des échalotes. (- * ce R est Roulé)
Je regarde 5 minutes, et repars à mes occupations. Aujourd’hui, Natka est particulièrement enthousiaste, elle va rendre visite à sa petite-fille, qui a à peu près mon age, et ses arrières petits. Alors qu’elle se prépare à emmener ses plats chez eux, son instinct de mère-poule universel reprend le dessus. Elle fait tout en même temps, et veut m’apporter une assiette d’épinards, tu en veux, tu en veux pas, si tu veux tu peux le manger maintenant, mais si tu veux, je te le prépare quand même mais tu peux le manger plus tard, tu vois, c’est comme tu veux !
Ouf…Je lui réponds : comme tu veux. Vu son entrain, je sais qu’elle le veut…
Elle m’apporte une assiette qu’elle vient de préparer. Elle jongle avec les assiettes, les bocaux, et met sa veste. Elle vient d’appeler le taxi, a lavé la vaisselle (pareil, je n’ai pas eu ma licence en vaisselle, elle ne me laisse pas le faire aujourd’hui- heureusement je sais m’imposer à d’autres moments…) –
Le coup de vent Natka vient de sortir de l’appartement. C’est ma coloc de 76 ans, ancienne ballerine macédonienne, comme un tourbillon qui va et vient sur le tapis kitsch du salon. Son plus beau record, d’après moi : elle fêtait en 2010 autant d’années de travail que d’années de retraite, voir plus : elle est retraitée depuis ses 38 ans, a commencé le ballet à 15 ans. Donc en fait elle a passé plus d’années à la retraite qu’au boulot.
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Merci, Zog
Dans Uncategorized le février 10, 2011 à 1:04Mustafa m’a appelée l’autre jour.
Je n’avais pas pu répondre, puis j’ai oublié de le rappeler.
C’est un Monsieur d’environ 60 ans que j’ai rencontré en janvier dans le minibus Skopje-Tirana, avec sa femme, qui avait un peu le mal des transports.
Nous avions pas mal discuté : il est journaliste culturel – il fait des chroniques littéraires pour la Radio Nationale Macédonienne en albanais.
Donc nous avions de quoi causer, il a travaillé toute sa vie dans la presse et la littérature pour enfants. Aujourd’hui il n’y a plus vraiment de revues pour les enfants en Macédoine, mais à l’époque communiste il y en avait plusieurs, avec des noms bien communistes, si je me souviens bien ce que Mustafa m’a dit l’un s’appelait « Courage et joie ». Il existe toujours, publié en Bosnie et Croatie, mais il s’appelle juste « joie » désormais, ce sont des histoires, des poèmes et BD. Pas un journal.
Ce matin je me trouvais pas loin de la radio – j’ai donc rappelé Mustafa, il est directement descendu de son bureau pour venir me chercher en bas de l’immeuble où il travaille. Cet immeuble est immense, c’est toujours une découverte : il y a toute une série de Ministères et les radios nationales, la Télé, aussi. Et même une radio associative alternative anti-gouvernement. Un point commun – on y voit le vide de finances publiques et tout semble dater des années 70-80, sans aucune modification depuis. La moquette vert caca d’oie, les chaises oranges, le tout dans une ambiance bien poussiéreuse et un lino qui aurait besoin d’être changé en toute urgence.
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J’étais passée une fois dans le studio improvisé d’un autre cinquantenaire qui fait des programmes dans cette radio (un studio sur son bureau) – il m’avait raconté comment il s’était une fois mis à pleuvoir dans son bureau. Sans doute une canalisation.
Retour à Mustafa – me voilà invitée à boire le café dans son bureau. Un drapeau américain trône au milieu du bureau. Ca me fait embrayer directement sur des questions, et on entre dans divers débats. En même temps – il me prépare un café. Je lui dit : « je ne bois pas de café ». Il me répond que c’est du café turc qu’il va faire exprès pour moi, et que ça vient du cœur. Je n’ai pas mon mot à dire semble-t-il. Il me présente la petite cafetière en émail pour que je sucre à mon goût, puis fait chauffer le café sur la plaque après avoir arrosé ses fleurs.
Et je me retrouve à boire un café turc, bien sucré.
Mustafa n’a aucune envie de parler de politique, quand je lui parle de la crise du moment en Macédoine. Il me dit « je ne te répondrai pas, moi il n’y a que la littérature qui m’intéresse. » et de reprendre : « D’ailleurs, je suis royaliste ».
Qu’aurait t-il pour dire de plus que ça pour attirer mon attention ?
Les rois, on les choisit pas, lui dis-je.
Il me demande : pourquoi alors l’Espagne a un Roi ? Et la Hollande ? Et l’Angleterre ? Je lui réponds : Si ces pays ont des rois, cela veut dire qu’il faut alors absolument en avoir un ? Pourquoi me demandes-tu à moi, qui viens de France ? Nous avons coupé la tête à notre Roi.
Il répond : « oui, mais vous aviez un mauvais roi… »et commence à parler de Zog.
Il m’explique que ZOG, le Roi d’Albanie, était intelligent (qu’on le veuille ou non, voilà comment s’appelait le Roi albanais avant l’invasion de l’Albanie par les fascistes de Mussolini en 1939.) Il me dit : tu ne sais rien sur Zog. Je lui dis, Ah, merci, Mustafa, pour tes compliments. Il me provoque, je réagis. J’essaie de lui montrer que je sais un truc : ok, j’avoue, je ne connais pas grand-chose sur Zog. Je sais juste que Zog veut dire « Oiseau » (ça donnait donc un truc comme « Oiseau Ier, Roi d’Albanie) et qu’il a exilé en Angleterre.
Ah, Mustafa semble rassuré. Il continue à me parler de son Roi préféré, malheureusement décédé. Il continue avec ses questions : je suis sûr que tu ne sais pas qu’il a sauvé Albert Einstein, hum ?
Il a gagné. Je ne savais pas du tout. Il me raconte.
Einstein est passé en Albanie pour fuir la shoah. Il a été accueilli dans le palais Royal de Zog, qui lui a permis d’avoir un passeport albanais, et l’a aidé à fuir vers les Etats-Unis.
J’aurais appris quelque chose. C’est vrai que les Albanais ont été exemplaires pour aider les juifs pendant la deuxième guerre mondiale. Pas un seul juif n’a été dénoncé.
Mustafa, alors, me demande : tu aimes les Juifs ?
Vraiment, on a bien donné en questions absurdes ce matin.
En riant, je lui dis : « Je vais faire comme toi quand tu refuses de répondre à certaines de mes questions. Je ne vais pas te répondre. »
Merci Zog, pour ce que tu as fait pour Einstein.
Noëls en boucle
Dans Uncategorized le janvier 6, 2011 à 8:16Ici c’est Noël.
La sensation de vivre un bis, une période où divers Noëls passent sans que je ne les fête :
Un décalage certain, avec ce qui m’entoure et je me trouve aussi une excuse pour travailler très lentement, vu que le monde autour de moi est tout en lenteur.
Depuis le 24 décembre, je me dis, ah, l’Europe est autour de bons repas, et se repose, et maintenant, l’esprit de fête s’est rapproché : l’ambiance de Noël a commencé dès hier soir, le 5 décembre, avec Badnik, l’une des étapes de Noël. Ce soir c’est la soirée de Noël et demain, notre 25 décembre, Noël, qui se dit BoZhik, se prononce « Bojitch ». Il y a un décalage de 15 jours avec le calendrier grégorien le plus courant, les orthodoxes fêtent Noël selon le vieux calendrier orthodoxe, ils refêtent donc le premier de l’an le 13-14 janvier. Pourtant c’est pour le premier de l’an, celui qui est déjà passé, le premier janvier, que les enfants reçoivent des cadeaux par le père Noël, Dedo Mraz, alias « Papy gel ». Je trouve que Papy gel sonne génialement, même si gel sonne un peu trop lubrifiant. Disons plutôt. Papy Glace ? Non. Papy Neige, pas non plus ça. Papy…Papy glacé sera très bien.
Mais revenons à hier soir.
Le 5 décembre, apparemment (car je n’ai rien vu), les enfants font du porte à porte pour chanter des chansons de Noël, annoncer la naissance de Jésus, et recevoir des fruits, des noisettes et des bonbons par les gens qui leur ouvrent la porte. Plus tard dans la soirée, les adultes se retrouvent autour de feux de joie, dehors, et discutent de l’année qui vient de se terminer, et de celle qui commence. Ça je l’ai vu : de grands feux, en pleine ville, dans les cours d’écoles, sur des terrains libres, de manière tout à fait sauvage mais en pleine ville. Beaucoup de gens réunis autour. Il y en avait un en bas de chez moi, et un groupe de musique traditionnelle est passée jouer autour du feu. Impressionnant de voir tous ces gens se réchauffer auprès des braises et a la gnole, rakija, quand il fait moins 3.
Je suis aussi allée auprès du feu, avec mon ami Kiko. C’était beaucoup plus tard, la plupart des feux n’étaient plus que braises. Mais près de ce bâtiment de béton désaffecté datant d’après le tremblement de terre de 1963 (architecture étrange des Japonais qui gagnèrent les appels d’offres à la reconstruction), un grand feu a duré plus longtemps. Gros feu, avec une vingtaine de jeunes autour. Une voiture aux portes ouvertes pour écouter du rap, y compris du macédonien. Dont certains des rappeurs, des bisounours à mes yeux (alors que dans ma tête un rappeur n’est surtout pas un bisounours, mais je dois ouvrir mon esprit, un peu !), étaient autour du feu. Quand il fait meilleur ils passent des soirées dans les parcs, ils improvisent des slams, dans cette langue qui pour moi sonne déjà comme du rap.
Les craquements du feu, le rap, le froid qui se glisse dans mon écharpe, une conversation, je prends le temps d’observer ou je suis. Pas vraiment Noël. Ça me rappelle des soirées de scouts… !! Mais le contexte est totalement différent. Ce qui procure une sensation pas désagréable. Que le monde n’est qu’un, que l’on vit et revit des moments, malgré les contextes. On a pas fait le bilan de l’année passée comme le voudrait la tradition. Peut-être ne valait-il mieux pas.
Expo dissimulée
Dans Uncategorized le janvier 3, 2011 à 7:11
Le monde se modernise et Internet permet parfois d’aider à l’organisation des choses. Je me dis que j’ai raté quelques épisodes, aujourd’hui j’ai fait une recherche que ne pensais jamais faire aboutir ainsi.
Je voulais connaître les dates d’une exposition photographique, histoire de savoir si elle était encore ouverte, si ça servait à quelque chose d’écrire dessus…
J’avais sous les yeux le dépliant sur l’exposition, pourquoi elle a été faite, le nom de l’artiste, qui a financé le projet, quelques exemples de ces photos des yeux des fresques tous grattés par les milliers de personnes venues prier dans les monastères orthodoxe, touchant a chaque foi les yeux des saints, pour avoir de la chance (comme le pied de St Pierre à la basilique de Rome, dont le pied est lépreux tant il a été touché) – L’expo s’appelle « des yeux pour la chance ».
Pas mal le projet. Mais sur ce dépliant, pas de dates d’exposition.
Pas non plus de lieu d’exposition, ni d’adresse, d’ailleurs. Encore moins un contact – ni un mail, à quoi bon chercher un numéro de téléphone, sur les trois volets du dépliant ?
Alors, qui contacter ? Les sites d’agenda culturels ne mentionnent pas cette expo, mais je sais qu’elle a lieu en ce moment. Rien sur le net, j’appelle un ou deux des musées qui ont déjà exposé cet artiste, les numéros sont invalides, les autres sont fermés. Deux associations d’art contemporain n’ont rien. On me conseille d’écrire un texto, un Sms à l’une de leurs collègues, demandant son numéro. Sans illusion, je le fais, je n’avais jamais contacté un inconnu par texto pour demander le contact perso d’une autre personne, le tout en me presentant comme journaliste.
Il faut que je parle directement à ce photographe, seul lui pourra me dire exactement, ici tout le monde se connaît, il faut que je le recherche. Et, une idée à laquelle je n’avais pas pensé…Facebook. Ce livre des faces du monde, pour trouver un contact, uniquement pour connaître des dates d’exposition…
J’ai trouvé le nom de Goce, l’artiste de l’expo sur le site, je ne suis pas entrée dans son album photo de montagne et de vacances, accessible à tous. Je lui ai écrit, en lui expliquant que je n’avais pas trouvé cette information de base. Elle s’est clôturée le 30 décembre, répond-il sur Facebook. Quelques minutes plus tard, je reçois un texto avec le numéro de téléphone portable du fameux Goce et son mail. La personne contactée plus tôt me répondait par texto pour m’informer du numéro.
Parler au téléphone, c’est démodé, les dépliants, sûrement trop vieille école pour y mettre toutes les infos de base, beaucoup de numéros de téléphones fixes ne fonctionnent pas – je ne comprends toujours pas cela.
Trois heures ont passé avant d’obtenir l’info la plus basique. Et ne finir par rien faire, l’expo étant déjà dans les cartons…
Morale de l’histoire > la question a déjà du être posée, mais pourquoi le monde entier ne s’inscrirait-il pas sur Facebook. Pourquoi je galère autant parfois à avoir des contacts, il suffirait juste d’accepter de jouer le jeu, de tous nous y inscrire.
Ça aiderait, aussi, à faire des statistiques, sociales, qui est marié, ou pas, a actualiser son statut, au Pole emploi ou à la Sécu, à commander à manger à la maison, ou alors choisir son mari. Pour les chiffres du chômage, pour les journalistes, pour l’humanité, quoi.
Je ris jaune, pourtant, je crois que je vais devoir utiliser plus ce damné truc ici, juste pour connaître les événements culturels et trouver les gens de Skopje. Je ne sais même plus pourquoi ca me gêne autant, ici c’est tellement normal. La modernité est positive, quoi qu’il en soit ? Fakit.





